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Shodokan Karaté Do Arts et Traditions

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Le karaté Goju-Ryu

Particularités du karaté Goju-Ryu

Le Goju-Ryu est resté à Okinawa un karaté traditionnel utilisant des techniques de saisies, des projections, des clés, des coups de coude et de genou, des attaques aux points vitaux : yeux, parties génitales.... Les blocages comportent beaucoup de techniques mains ouvertes avec ou non des saisie. Tout ces blocages sont circulaires et sans choc. L'attaque est déviée et contrôlée pour empêcher l'adversaire d'enchaîner. Certains blocages sont basés sur la souplesse, le relâchement du bras. Le principe du blocage n'est pas la contraction mais une certaine élasticité ou lourdeur du bras qu'on nomme “ Muchimi ”. Les coups de pieds peuvent être employés au visage à l'entraînement, mais en combat et dans les katas, ils sont courts et toujours en dessous de la ceinture.

Le Goju-ryu comporte un travail de renforcement du corps basé sur un travail aux instruments de musculation spécifique, et sur un travail à deux.

Petite histoire du Goju-Ryu

Les échanges culturels entre la Chine et l'archipel des Ryû Kyû remontent à 1372, année où le roi d'Okinawa prêta allégeance à l'empereur MING. Trente six familles chinoises, issues de la noblesse, s'installèrent alors à Okinawa, à Kume près de Naha. Elles apportèrent avec elles l'art du combat chinois, certains des membres de ces familles étant de véritables Maîtres. En 1609, les Japonais envahissent l'île. Ces derniers instaurent une domination militaire sur l'ensemble de l'archipel. Ils interdisent les armes, pour éviter toute rébellion. C'est à partir de ce moment que les techniques de combat à mains nues (To De) se transmettent secrètement, de Maîtres à disciples. Les entraînements se déroulaient en cachette, le plus souvent la nuit, et étaient basés sur l'efficacité. Ce sont donc les habitants d'Okinawa qui ont donnés naissance à cette méthode de combat à mains nues, appelée par la suite Karaté.

En effet, à l'époque l'art martial local s'appelait “ TE ” ou “ TO-DE ”. C’est sous cette même appellation qu’il fut introduit au Japon, dans les années 20. “ To De ”, qui voulait dire “ Technique de main Chinoise ” pouvait se prononcer à partir d’une lecture japonaise, “ Kara-te ” autrement dit “ Main de Chine ”. Une autre lecture du mot “ Kara-te ” donnait “ Main vide ”. Ce fut Gichin FUNAKOSHI, le père du Shotokan moderne qui, en 1930, adopta cette dernière, afin d'éviter que le karaté ne porte, dans son nom, une origine chinoise trop évidente.

Sa décision, dit-on, souleva, si ce n'est un tollé, du moins une réaction très vive parmi les Maîtres vivant à Okinawa. Si Gichin FUNAKOSHI dut se plier à l'air du temps qui était celui du nationalisme japonais, il se coupa d'avec tout un pan de l'histoire du karaté - ou plutôt de l'Okinawa-te, dont les racines sont incontestablement chinoises. L'art de combat à mains nues se développa surtout autour de 3 villes : Naha - Shuri –Tomari et donna naissance à 3 styles majeurs.

• Le Naha-Te
• Le Shuri-Te
• Le Tomari-Te

Le Naha-Te était développé autour de la principale ville portuaire, Naha, qui était un grand centre de commerce. Le Shuri-Te est un style qui était développé essentiellement dans la ville de Shuri, l'ancienne capitale d'Okinawa. C'est là où vivaient le roi et les membres de la noblesse. Le Shuri-Te est connu maintenant à Okinawa sous le nom de Shorin Ryu (style de la jeune forêt), il donna aussi naissance au Shotokan et au Wado Ryu au Japon.

Un autre style connu sous le nom de Tomari-Te est considéré comme une ramification du Shuri-Te. Le Tomari-Te était pratiqué dans le village de Tomari. Celui-ci, proche de Shuri, était peuplé surtout d'agriculteurs et de pêcheurs.

Cependant, dans les courants dominant du développement historique du Karaté, il n'y a réellement que deux grands styles d'origine : le Shuri-Te et le Naha-Te. Comme les deux styles sont dérivés des mêmes traditions martiales chinoises, leurs différences sont seulement d'ordre technique. Ces deux styles sont arrivés jusqu'à nous grâce à des Maîtres qui ont perpétués l'enseignement traditionnel qu'ils avaient reçus eux mêmes de leurs Maîtres. Le Naha-Te fut perpétué par Maître Kanryo HIGAONNA, qui pour parfaire ses connaissances de l'art du combat appris sur l'île, partit en Chine, dans la région de Fuzhou située dans la province du Fukien, afin d'y étudier le style de combat de la Chine du sud (en particulier le style de la grue blanche).

De retour, il adapta ce qu'il avait appris à la mentalité des hommes d'Okinawa. Plus tard c'est son successeur, Maître Chojun MIYAGI, qui lui donna le nom de Goju-ryu.

Les katas du Goju-Ryu

1. Sanchin : les 3 batailles

Sanchin fut importé de Chine par Kanryo Higaonna. C'est le kata le plus important et représente le style Goju-Ryu. Le chiffre trois est appliqué aux 3 batailles incarnées dans ce kata: celle du corps, celle du mental et enfin celle de la volonté.

2. Gekisai Dai Ichi : Aller à l'attaque,frapper et détruire n°1

Le Kata Gekisai Ichi fut créé par Chojun Miyagi en 1940 pour populariser le karaté. C'est un kata pour les débutants que l'on enseigne dans la plupart des variantes Goju-Ryu

3. Gekisai Dai Ni : Aller à l'attaque,frapper et détruire n°2

Comme le Kata Gekisai Ichi, le Kata Gekisai Ni fut créé par Chojun Miyagi en 1940 également pour populariser le karaté et fournir un kata aux débutants.

4. Saifa : Déchirer et détruire

Le Kata Saifa est d'origine chinoise. Il fut importé à Okinawa par Kanryo Higaonna.

5. Seiyunchin : contrôler et tirer dans la bataille

Seiyunshin est un kata chinois très ancien et ses origines proviennent probablement quand la Chine était sous la domination Hsing-I. Il incarne le lien entre le Goju et le style de la Grue blanche. Tous les mouvements sont effectués avec les bras. Aucune technique de pied n'est présente, une particularité peu commune dans les kata.

6. Sanseru : 36 mains

Le Kata Sanseru contient des mouvements effectués dans quatre directions avec des techniques utilisées pour un combat proche.

7. Shisochin : Lutter dans 4 directions

Le Kata Shisochin est d'origine chinoise, il fut enseigné à Kanryo Higaonna par les Ryuku Ryu. On dit que c'était le kata favori de Chojun Miyagi. Il est caractérisé par beaucoup de coup de coudes réalisés mains ouvertes.

8. Seipai : 18 mains

Seipai est d'origine chinoise et est considéré comme étant le kata du Tigre. Il est aussi la suite de Seisan. Il possède nombre de mouvements de saisies pratiquées, entre autre, sur les bras.

9. Seisan : 13 mains

Traditionnellement, le style Goju-ryu dépend de plusieurs techniques qui comportent des saisies, pendant que l'on frappe l'adversaire aux points vulnérables de son corps. Le Kata Seisan est un parfait exemple de ce principe. Il contient 8 techniques de défense et 5 techniques d'attaque avec des changements de direction, d'où le nom de Seisan. La forme fait ressortir les caractéristiques d'un combat très proches, utilisant des techniques de frappe courtes et des coups de pieds bas afin de percer les défenses de l'adversaire. Seisan est un kata très important dans le style Goju-ryu.

10. Kururunfa : Contrôler longtemps et soudain attaquer

Kururunfa est un kata avancé, ramené de Chine. Il comporte des mouvements d'esquive ( Tai Sabaki). On notera également la présence du coup de pied fétiche du Goju : kensutsogeri. Ce coup de pied est pratiqué sur le genou de l'adversaire.

11. Suparinpei: 108 mains

Le chiffre 108 a un sens très spécial dans la religion Bouddhiste. Il représente les 108 passions du diable. Dans les temples bouddhiste, 108 coups de cloches retentissent le 31 décembre à minuit, afin de chasser les mauvais esprit. Suparinpei C'est le kata le plus long du Goju-Ryu.

12. Tensho: Les mains tournantes et fluides

Tensho fut créé par Chojun Miyagi. C'est une combinaison de mouvements de mains souples et fluides, avec une forte tension dynamique en fin de mouvement, une respiration profonde et une force de concentration dans le Tanden ( point de force ). C'est un Kata caractéristique du style Goju-Ryu.

Sources bibliographiques : Okinawa Goju-ryu Shodokan Europe, O.G.S.E.
Photos : 1) Maître Oshiro et Amid travaillant le kakie (main collante). 2) Maître Higaonna. 3) Maître Chojun Miyagi. 4) "Goju-Ryu Karaté Do" en kanji.

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